Eléments de psychogénéalogie

La psychogénéalogie est une pratique clinique développée dans les années 70 par Anne Ancelin Schützenberger, avec l'aide de l'américain Jacob Levy Moreno, selon laquelle les traumatismes, les secrets et les conflits vécus par les ancêtres d'une personne conditionnent son mal-être, ses troubles émotionnels, voire ses comportements étranges ou inexplicables.

Elle s'est basée sur ses propres observations et sur des concepts issus de la psychanalyse, de la psychologie (université de Nice) et de la psychothérapie.

Elle invente le concept du "syndrome anniversaire", supposant que les individus sont la résultante de leur histoire familiale sur plusieurs générations, les faits marquants de la vie de leurs ancêtres rejaillissant sur les générations suivantes. Ses thèses "transgénérationnelles" sont diffusées dans le livre Aïe, mes aïeux! Elle a également publié, avec Ghislain Devroede Ces enfants malades de leurs parents, recueil de cas cliniques significatifs de non-dits transgénérationnels. 

 

Les psychanalystes Nicolas Abraham, d'origine hongroise, et sa compagne Maria Török ont publié un ouvrage en 1978 intitulé L'Ecorce et le Noyau, ils y présentent les concepts de "cryptes" et de "fantômes". Un fantôme est présenté comme une structure de l'impensé généalogique d'une personne, créé par l'existence d'un secret de famille, d'un non-dit, d'un acte inavouable, d'un traumatisme... La crypte serait la blessure laissée par l'émotion. 

 

En France, la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto suggère, dans les années 70, que les enfants héritent des troubles non résolus de leurs parents, ainsi que de leurs dettes inconscientes à l'égard des générations précédentes. 

 

Parallèlement, les thérapies familiales se développent sur le modèle américain de l'école systémique de Palo Alto : elles mettent l'accent sur le milieu familial pour mieux appréhender les troubles d'un ou plusieurs de ses membres, et s'appuient sur ce contexte familial pour amorcer la guérison. 

 

Serge Tisseron, psychanalyste, a par ailleurs étudié la question de la "transmission des images mentales" entre les générations. Il affirme qu'"il faut tenir compte du passé familial pour analyser les difficultés du présent, plutôt que [...] chercher les origines des troubles présents dans le passé".

 

Alejandro Jodorowsky, poète, cinéaste, scénariste de bandes dessinnées et agitateur culturel inclassable a, en dehors des sentiers de la psychologie et des études universitaires, trouvé le chemin du transgénérationnel au travers de ses propres expérimentations. Il est l'inventeur du terme "Psychogénéalogie" qu'il utilise publiquement dans ses conférences hebdomadaires du mercredi à l'Ecole des Mines puis à l'Université de Jussieu, dès le début des années 80. 

Pour lui, l'arbre généalogique est vivant en nous, et pour enrayer la chaîne des répétitions, c'est le langage de l'inconscient, c'est à dire celui des symboles, qu'il faut utiliser, car la prise de conscience et la verbalisation sont insuffisantes à la guérison.

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